L'environnement administratif et culturel des bibliothèques

Modifié le 05 août 2019

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Les concours de la FPT


Dernière mise à jour : février 2016

1. Environnement administratif

Les bibliothèques, quelles qu'elles soient, sont des services publics qui appliquent donc une politique publique. En revanche, selon le type de bibliothèque, l'administration des bibliothèques est assurée par des administrations distinctes, dépendant essentiellement de trois ministères :

  • le Ministère de la Culture et de la Communication (lecture publique et patrimoine culturel, Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque publique d'information, contrôle technique sur les bibliothèques municipales et les bibliothèques départementales de prêt. Ce Ministère a été créé en 1959 et le premier Ministre de la Culture a été André Malraux.
  • Le Ministère de l’Éducation nationale et le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche : enseignement et politique documentaire dans les BCD des écoles primaires, dans les CDI des collèges et lycées ainsi que dans les SCD et bibliothèques universitaires et de recherche ainsi que dans les bibliothèques des grands établissements scientifiques.

L’arbitrage politique intervient lorsqu'il s'agit de constructions d'équipements ou de rénovation, de validation d'un projet de service et de budget, d'investissement ou de fonctionnement.

Un budget s'établit en dépenses et recettes. Le budget doit être équilibré, c'est-à-dire que le montant des dépenses doit être équivalent au montant des recettes sur l'année. On distingue un budget de fonctionnement, qui est lié aux dépenses annuelles (acquisitions documentaires, fournitures – équipement et réparation des documents, consommables) et action culturelle. En recettes, les bibliothèques peuvent percevoir les recettes des inscriptions, photocopies, impressions. Un budget d'investissement comporte quant à lui la somme des moyens investis pour des projets particuliers, qui peuvent être pluriannuels.

Les dépenses d'une bibliothèque doivent répondre à la règle des marchés publics. L'objectif est d'encadrer les dépenses publiques pour l'efficacité de la commande publique et la bonne utilisation de l'argent public. Il s'agit d'un contrat d'achat qui engage la collectivité et un fournisseur précis sur des délais, des coûts et des prestations. Les principes du marché public sont les suivants : liberté d'accès la la commande publique (les offres de marché dont l’objet d'une publicité et son librement consultables), égalité de traitement des candidats (les candidatures sont évaluées de façon impartiale, et transparence des procédures (les décisions sont argumentées). Un marché public se construit de la sorte : la collectivité définit ses besoins, fait une publicité de son marché, met en concurrences les fournisseurs qui répondent au marché et sélectionne l'offre la plus avantageuse, estimée selon des critères déterminés.

2. Les bibliothèques des collectivités territoriales

Le responsable d'une bibliothèque territoriale agit par délégation de l'autorité à laquelle il est rattaché : maire pour les bibliothèques municipales, Président de communauté pour les bibliothèques de communautés de communes ou communautés urbaines, président de Conseil départemental. La décision politique qui définit les priorités des services publics, dont les bibliothèques, relève des élus. Budget, personnel et règlement sont fixés par l'administration territoriale à laquelle appartient la bibliothèque. Néanmoins, les missions générales qu'accomplissent les bibliothèques et les compétences des personnels des bibliothèques font des bibliothécaires et responsables de structures des personnels investis et compétents pour conseiller et orienter l'action des élus.

2.1. Environnement administratif des bibliothèques municipales

les bibliothèques municipales sont des bibliothèques de communes. Leur autorité de tutelle est le maire. Dans les petites communes, le rattachement hiérarchique est auprès du directeur général des services. Dans les communes plus importantes, il s'agit de la direction de la Culture, rattachée elle-même à la Direction générale des services.

2.2. Environnement administratif des bibliothèques intercommunales ou des réseaux intercommunaux de lecture publique

Ces bibliothèques se situent dans les communes qui ont délégué leurs compétences culturelles ou de lecture publique à une intercommunalité. L'autorité de tutelle est alors le Président de la Communauté de communes, de la Communauté d'agglomération ou de la Communauté urbaine. Le rattachement hiérarchique se fait également auprès de la Direction générale des services ou de la Direction de la Culture, en fonction de la taille du réseau.

Certaines bibliothèques municipales bénéficient d’un statut particulier, lié à leurs fonds ou à leur mode de financement :

  • Les bibliothèques municipales classées (BMC) : au nombre de 54, dont 18 habilitées à recevoir le dépôt légal, elles se caractérisent par l'importance de leur fonds ancien et par la présence d'un personnel fonctionnaire d’État, garant de la surveillance du fonds patrimonial issu des confiscations révolutionnaires, et donc appartenant à l’État.
  • Les bibliothèques municipales à vocation régionale (BMVR) : ces bibliothèques, créées par la loi du 13 juillet 1992 dans douze communes de plus de 100 000 habitants (Marseille, Reims, Orélans, Montpellier, Limoges, Châlons-en-Champagne, La Rochelle, Troyes, Toulouse, Rennes, Poitiers et Nice) ont pour missions, en plus des missions classiques d'une bibliothèque municipale, des missions de coopération régionale (en matière d'acquisitions et de conservation). Leur autorité de tutelle est également le Maire ou le Président de la communauté urbaine, et leur rattachement hiérarchique dépend de l'organigramme de la ville ou de la communauté urbaine.
  • Bibliothèques municipales pôles associés de la BnF : il s'agit des bibliothèques chargées du dépôt légal imprimeur, et/ou de bibliothèques qui possèdent dans des disciplines spécifiques des fonds importants complémentaires de ceux de la BnF et liées à la BnF par convention.

2.3. Environnement administratif des bibliothèques départementales

Les bibliothèques départementales se situent dans 100 départements, en métropole et outre-mer. Elles ont pour mission un soutien à la création et au fonctionnement de bibliothèques dans les communes de moins de 10 000 habitants (prêts de documents, aide et soutien techniques, actions d'animations et de formation notamment). Leur autorité de tutelle est le Président du Conseil départemental et elles sont rattachées hiérarchiquement à une direction générale des services ou autre, selon l'organigramme du Conseil départemental.

3. Le rôle de l'État

Le Service du livre et de la lecture, rattaché à la Direction générale des médias et industries culturelles, au sein du Ministère de la Culture et de la Communication, assure un rôle d'évaluation de de réglementation tout au long de la chaîne du livre (librairie, édition, lecture publique, politiques numériques et patrimoniales). Il exerce également une tutelle sur la BnF, la BPI, le Centre national du livre, et suit les carrières des personnels de ces bibliothèques. Enfin, il s'appuie pour la mise en œuvre de la politique de l’État sur les Directions régionales des Affaires culturelles, et notamment leurs conseillers livre et lecture.

Les DRAC, services déconcentrés de l’État créées en 1977, relevant du Ministère de la Culture et de la Communication, sont placées sous l'autorité du Préfet de Région. Elles ont pour missions de conduite la politique de l’État dans les domaines de la valorisation du patrimoine et de l'architecture, du soutien à la création et à la diffusion artistique, du développement du livre et de la lecture, de l'éducation artistique et culturelle, de la promotion de la diversité culturelle, du développement de l'économie de la culture et de la promotion de la langue française.

Les régions, quant à elles, n'ont pas de compétences en matère de gestion de bibliothèque mais elles contribuent à la promotion du livre et de la lecture grâce à des structures qui en émanent, comme les structures régionales du livre, associatives ou au statut d'EPCC, qui sont soit des Agences régionales du livre soit des Centre du livre et de la lecture. Ces structures sont chargées de mettre en œuvre et ajuster les politiques du livre et de la lecture sur un territoire et visent à développer la coopération entre les professionnels du livre.

4. Cadre législatif du métier de bibliothécaire

Les bibliothécaires sont avant tout des agents publics. À ce titre ils obéissent aux règles qui valent pour tous les agents publics, c'est-à-dire la continuité du service public, l'égalité devant le service public (égalité de tous devant la loi, égal accès au service, principe de neutralité) et l'adaptabilité (le service, dans sa continuité, doit s'adapter au contexte et aux besoins).

Il n'y a pas de loi sur les bibliothèques, mais un contrôle technique assuré par l'IGB, l'inspection générale des bibliothèques, qui exerce une mission d'évaluation et de contrôle de toutes les bibliothèques. Ses compétences s'exercent sur les collections et leur accès, ainsi que sur les horaires. En dépit d'une absence de loi, les bibliothèques peuvent s'appuyer sur des textes importants, tels que la Charte des bibliothèques écrite par le Conseil Supérieur des bibliothèques en 1991 ou encore le Manifeste de l'IFLA/Unesco sur les bibliothèques publiques de 1992. Les deux textes déclarent que les bibliothèques doivent permettre aux individus d'une société de pouvoir s'émanciper et s'autonomiser, et que de ce fait elles jouent un rôle essentiel ans la société en garantissant un accès à tous à des collections diversifiées et actuelles. Pour se faire, elles doivent offrir de bonnes conditions d'accueil à tous les publics, y compris les publics empêchés (personnes incarcérées, malades dans les hôpitaux, handicapées ou éloignées de la lecture…) et disposer ainsi d'un personnel formé, capable de jouer le rôle de médiateur actif auprès de la population. Venant compléter ces textes, le Code de déontologie du bibliothécaire, adopté en 2003 par l'Association des bibliothécaires de France, concerne toutes les bibliothèques, publiques ou privées. Il établit les devoirs du bibliothécaire en matière de respect des usagers et affirme son exigence de reconnaissance de sa responsabilité professionnelle,vis-à-vis de sa tutelle en particulier. Les devoirs du bibliothécaires sont ainsi mentionnés au regard des publics, des collections, de la tutelle et de la profession.

Le recrutement des bibliothécaires se fait pour l'essentiel selon la règle qui prime dans la fonction publique de recrutement sur concours. Néanmoins, le recrutement sans concours pour des postes permanents est possible pour les personnels de catégorie C, ainsi que pour des postes de contractuels ou vacataires (remplacements temporaires ou renforts), s'il est impossible de trouver des compétences particulières parmi les personnels titulaires, ou encore pour les missions spécifiques. La publicité du poste peut se faire d'abord en interne puis à l'extérieur si aucun candidat ne se positionne. Des fiches de postes sont élaborées pour chaque agent par le chef de service, en accord avec la direction des ressources humaines de la tutelle.

5. Environnement culturel

Les bibliothèques sont aujourd'hui de vrais lieux culturels, au carrefour des pratiques culturelles des français. Leur environnement culturel est donc riche : pratiques culturelles traditionnelles liées à des supports, culture vivante à travers les animations, ou apprentissage et auto-formation. Tout le travail des bibliothécaires est alors de donner envie aux usagers de venir à la bibliothèque. La bibliothèque, contrairement à un espace marchand, peut et doit être en mesure de proposer des œuvres qui n'ont pas d'autres espaces de diffusion. Parallèlement à cela, les bibliothèques sont aujourd'hui de plus en plus des espaces de création et de participation des usagers. Avec l'éclosion de la culture « maker », « do it yourself », « do it together » et autres, à l'heure des fablabs et des biblioremix, les pratiques participatives investissent l'espace physique, et donc les bibliothèques, encourageant l'expression et la création. La bibliothèque a tout à fait son rôle à jouer dans cette dynamique, et le joue notamment via le numérique. Il s'agit en bibliothèque de « faire avec » : faire avec le public, mais aussi encourager les usagers à faire ensemble, que ce soit dans le domaine de l'animation (faire du tricot ensemble) ou des révisions du baccalauréat.

Pour parvenir à mettre en place des services et collections adaptés aux publics, les bibliothécaires fonctionnent beaucoup en réseaux : réseaux locaux et régionaux, mais aussi réseaux nationaux, via des associations professionnelles et des blogs de bibliothèques ou de bibliothécaires. Il existe de fait une solidarité des pratiques et des communautés professionnelles. L'ABF, Association des bibliothécaires français, voit le jour en 1906, en faveur d'une communauté professionnelles attachée à défendre ses valeurs et pratiques. L'IFLA, (International Federation of Library Association) en 1926, se positionne par exemple en 1933 en faveur des bibliothécaires allemands réfugiés, puis apporte son aide aux bibliothécaires espagnols pendant la guerre civile. D'autres – nombreuses – associations professionnelles voient le jour pendant le XXème siècle. UN rapprochement des associations paraît alors nécessaire au début des années 2000. C'est la naissance en 2003 de l'IABD… (Interassociation Archives, Bibliothèques, Documentation), qui compte aujourd'hui 16 associations membres et exerce activement un rôle de représentation auprès des autorités politiques mais aussi d'information et de veille auprès des professionnels.

Les bibliothécaires sont également des personnes qui tiennent des blogs et échangent en ligne. Bibliopédia répertorie une centaine de blogs actifs, et le forum agorabib de l'ABF est un lieu d'échange de pratiques et de questionnements incontournable.

Auteur :

RENAUDIN Coline

Groupe :

Concours de la FPT

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Créé le 29 mai 2019
 

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